Les Maisons partagées : "Le Printemps de l'hiver" à voir en replay sur France 2

Publié le par Or gris : seniors acteurs des territoires, dans une société pour tous les âges

Vous devez absolument aller voir en replay l’émission de France 2 diffusée le 28 avril 2018 à 13 h 15 https://www.france.tv/france-2/13h15-le-dimanche/959561-le-printemps-de-l-hiver.html

En 2030, 8 millions de Français auront plus de 75 ans, contre 5 millions aujourd’hui. Alors il va bien falloir trouver des solutions, une nouvelle façon d’envisager le temps des seniors.

Le magazine "13h15 le dimanche" du 28 avril (FacebookTwitter#13h15) s'est immergé au cœur d’une colocation pas comme les autres. Ici, ce sont des seniors qui partagent le même toit

Pour ce document signé Vincent Nguyen, Gweltaz Kergoat et Mathieu Houel, le "13h15" est allé à la rencontre de seniors qui entament en quelque sorte le printemps de leur hiver. Direction le Tarn, avec l’arrivée de Suzanne dans cette "maison partagée"par des hommes et de femmes qui n’ont pas du tout envie d’entendre résonner le mot "maison de retraite"

Une maison partagée

Ce jour-là, l’Ehpad (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) que dirige François Ancilottodans le Tarn reçoit les résidents de la "maison partagée"de Tauriac. S’il est aussi humain avec ses pensionnaires, c’est qu’il est le fils de Josette Ancilotto, à l’origine de cette idée consistant à faire vivre ensemble des personnes âgées dans un lieu d’accueil alternatif, en colocation. Leur association Ages sans frontièresgère ces deux façons complémentaires de prendre en charge les âges avancés de la vie.

Josette, mariée à un médecin gériatre, a dirigé cet Ehpad pendant vingt-six ans. C’est une affaire de famille, bien que le mot "affaires" ne soit pas celui qu’ils préfèrent. "Certains établissements répondent à des logiques économiques commerciales. Ils proposent des prix complètement aberrants par rapport au service. Ici, nous sommes gérés par une association et on n’a pas une pression aussi forte que ce que l’on peut trouver dans des groupes lucratifs privés, c’est sûr",explique le directeur.

"De tout temps, mon combat a été de repenser l’accompagnement de la vieillesse"

"L’idée n’est pas d’avoir un rendement à deux chiffres à la fin de l’année. Il est de s’occuper des gens avec amour, tout simplement. C’est ce que tu nous as transmis", dit-il en s’adressant à sa mère qui précise : "Quand je vois l’abandon, quand je vois cette société marchande qui pense que ce troisième, quatrième, voire cinquième âge est un poids, cela me pose un certain nombre de questions par rapport à notre civilisation. Et de tout temps, mon combat a été de repenser l’accompagnement de la vieillesse."

"Passer d’un domicile à une entrée en Ehpad est quelque chose de violenttémoigne François Ancilottopour le magazine "13h15 le dimanche" (replay). La 'maison partagée' constitue une belle transition. C’est un outil complémentaire et il faut se servir de ce qui s’y passe pour re-questionner un petit peu les pratiques en Ehpad. En 'maison partagée', on va capitaliser sur les capacités restantes de la personne pour les mobiliser et en faire un moteur pour rester debout." Sa mère estime que "si la société inclut la personne âgée, elle doit arriver à la mort… vivante."

Or Gris a publié son premier article sur la maison partagée en septembre 2010 !!! 

http://www.or-gris.org/article-la-maison-partagee-un-nouveau-mode-d-accueil-pour-les-personnes-agees-56617254.html et d'autres informations depuisSuite à l'émission sur France 2, l'article a été visionné 6700 fois !!!  Une dizaine de messages ont été envoyés sur Or Gris pour complément d'information...

 

Sur le Blog Or Gris, cliquez sur la catégorie Habitat et vous trouverez des dizaines d'initiatives d’habitat pour  seniors en, territoire rural. Allez y voir, c’est passionnant, diversifié, imaginatif 

Les Maisons partagées : "Le Printemps de l'hiver" à voir en replay sur France 2

Un article a été consacré aux maisons partagées dans le dossier «  Vieillir actifs à la campagne » de la revue POUR N°233 du GREP-Groupe Ruralités, Éducation et Politiques- en voici quelques extraits 

Acessible par le site Grep www.revuepour.fr/lassociation-grep et par CAIRN : www.cairn.info

 

La Maison Partagée© – Association Ages Sans Frontières (TARN 81)

Qui sommes-nous ?

Une association loi 1901, synergie de 4 associations qui ont fusionné en 2014, partageant les mêmes valeurs éthiques. 

Dans notre projet associatif, une des valeurs phare est l’exercice de la liberté, des droits et des devoirs de citoyen ; redonner sa place dans la cité à la personne âgée, au contact des autres générations et dans le respect des différences.

Nous gérons :

           -  4 EHPAD (260 lits),

-   5 lieux de vie pour personnes handicapées vieillissantes (40  lits),

-   4 sites de Maisons Partagées  (=32 places).

Nous développons l’habitat alternatif avec le concept de Maison Partagée.

Après une longue expérience de terrain, des professionnels ont imaginé une nouvelle structure d’accueil et d’accompagnement pour des personnes âgées fragilisées : « La Maison Partagée ». Depuis 2009, cet habitat alternatif tente de répondre aux attentes de ces personnes, de vivre le plus longtemps possible au domicile sans être seules et isolées. Elles cohabitent avec quelques personnes et sont soutenues au quotidien par un professionnel.

La créatrice du concept, responsable du pôle et du développement : Josette Ancilotto

La responsable du fonctionnement, assurant la coordination sur l’ensemble des MP: Maryline Buso

Les accompagnateurs : présents 7J/7 de 9H à 17H

La personne âgée en pleine santé ou fragilisée doit pouvoir se réaliser jusqu’au bout de sa vie. 

Nous partons du constat que la solitude, l’isolement, la précarité (montant des pensions insuffisantes) fragilisent la personne âgée et accélèrent le processus de vieillissement. S’ajoutent la disparition des services de proximité, le recul des solidarités familiales et de voisinage, la perte du lien social. La MP répond à la problématique de la diminution des ressources de nos aînés. Il y est proposé un ensemble de prestations pour un coût adapté.

La MP propose la COHABITATION (et non la colocation)de 4 personnes dans une maison de plein pied, fonctionnelle et adaptée avec un accompagnement sur mesure pour :

- Favoriser les liens sociaux, ceux entre les co habitants et ceux avec l’environnement de proximité (voisins, commerçants, associations culturelles…)

-Maintenir ou retrouver l’élan vital à travers le partage des tâches du quotidien (entretien de l’espace collectif et privé, jardinage, soins aux animaux)

- S’épanouir dans le sentiment d’utilité : la solidarité est vécue concrètement dans le souci voire l’assistance à l’Autre. Il maintient les capacités physiques et mentales

......

L’expérience menée depuis 2009 nous permet d’affirmer que ce sas entre la fin du maintien à domicile et l’entrée en institution conserve l’autonomie.

En quoi la MP contribue-t-elle à faire garder la place à la personne âgée dans la société ?

Chez nous, la personne âgée s’inscrit pleinement dans cette petite unité de vie.....

.....Nous proposons dans la démarche d’admission un séjour expérimental d’une semaine à un mois pour confronter la personne au réel, de cette vie en cohabitation. Cela lui permet d’évaluer sa propre capacité, sa faculté à vivre dans ce petit collectif.....

....De même, le rôle s’inscrit dans la vie de la maison. Chacun avec ses potentialités trouve un rôle à l’intérieur et/ou à l’extérieur.

La conviction qui a inspiré la créatrice de ce concept : « A tout âge, l’être humain ne peut s’épanouir que confronté à l’autre et il ne se réalise que dans l’utilité sociale ». C’est parce que l’autre lui parle, le fait réfléchir, lui fait éprouver des émotions plus ou moins agréables, qu’il continue d’apprendre, de se construire, qu’il se sent en vie. En cela, il était nécessaire que les personnes ne fassent pas que « co-louer », diviser le loyer, mais qu’elles « co-habitent », partagent avec d’autres leur foyer, un bien commun précieux et intime. .........

.......Ils se créent une stimulation entre eux.  

La réversibilité existe, nous pouvons en témoigner : le cas de Robert qui entre à l’EHPAD suite à un AVC, y passe 6 mois au bout desquels l’équipe de l’EHPAD convient d’une autonomie lui permettant de vivre à la maison partagée. Il y fait un essai, s’y installe, y restera 1 an avant de regagner son domicile. Robert a repris confiance en lui, il se sent désormais d’assumer seul sa vie.

La Maison Partagée est une petite unité de vie, un petit comité d’individus et non une collectivité, l’affection entre ses personnes qui recréent une famille est mise à l’épreuve. .....

Place de la famille et des amis.  

La famille occupe une place prépondérante dans cette petite unité de vie. La famille de l’un devient la famille des autres. Elle va et vient selon son gré, sans contrainte horaire. Elle y prend des repas, avec l’ensemble du groupe. Il arrive que sans s’être préalablement annoncé, l’accompagnateur proposera à la famille, naturellement, de s’asseoir pour partager le repas ensemble. ........

Place des voisins : la réciprocité

..... liens avec l’environnement : les proches habitants, l’école, la mairie, les associations, les commerçants.

 ........Ce sont des projets intergénérationnels qui naissent et se développent avec l’école du village, jusque dans un but parfois humanitaires ( exemple de l’écriture des cahiers thématiques pour le burkina faso). 

…et en ce sens, une fois de plus, « Je me sens utile ».

Pour les voisins, les habitants de la maison partagée constituent un groupe social présent dans le village, vers lequel je peux aller, boire un café, me confier, bavarder, déposer un panier de cerises, ou de haricots verts lorsque la cueillette devient bien trop importante pour moi. .....

Place des professionnels 

.... les accompagnatrices à la Maison Partagée n’ont pas systématiquement de formation médico-sociales, bien que profilées, et travaillent seule le plus souvent. A travers les réunions organisées par la coordinatrice des MP, un travail sur l’analyse des pratiques est mené. L’ensemble des accompagnatrices des Maisons Partagées dans le Tarn se rassemblent, se soutiennent, parlent de leur pratique et la construisent ensemble. ......Leur rôle est bien d’être aux côtés des cohabitants, être le partenaire dont les résidents ont besoin pour accomplir ce qu’ils ont eux-mêmes décidé de faire. L’accompagnatrice est chez eux et non l’inverse.

....L’absence de culture sanitaire change la représentation. Elles perçoivent la personne comme un sujet et non comme un patient. ....

L’accompagnateur est polyvalent, doit être capable d’utiliser les ressources disponibles et présentes sur le territoire.

Le lien est développé avec le plateau technique des EHPAD attenants.

Il n’y a pas de télé assistance prévu dans le contrat. Le système de sécurité est basé sur un appel au décroché avec les téléphones des pièces communes......

.... les professionnels travaillent en réseau, que les pratiques professionnelles des soignants évoluent en cherchant à être là où les bénéficiaires les attendent......

A la maison partagée, nous allégeons les procédures. .... Nous conviendrons plutôt de « démarche ». Aucune des maisons ne se ressemble, elles ressemblent à leurs habitants et à la dynamique qu’a impulsée leur accompagnatrice.

Pour conclure, la Maison Partagée c’est la simplicité, la Vie. Les habitants et ceux qui les accompagnent se réjouissent de plaisirs simples et partagés. 

Maryline BUSO,

Coordinatrice des Maisons Partagées©

Association AGES SANS FRONTIERES (81)

revue POUR N° 233, septembre 2018

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