En Lozère, des permanences sociales et de santé itinérantes

Publié le par Or gris : seniors acteurs des territoires, dans une société pour tous les âges

Depuis novembre dernier, une équipe mobile sillonne en fourgon les routes de Lozère, à la rencontre de la population rurale.

Pouvoir bénéficier de soins élémentaires au coeur de la Lozère tout autant qu'accéder à ses droits en matière de logement, c'est l'objectif d'"Avicenne",initiativeunique en son genreinitiée par l'association "Quoi de 9"qui souhaitait mettre en place un accueil de jour inconditionnel itinérant et l'autre dont le souhait était de créer une unité mobile de soins primaires.

Deux circuits ont lieu chaque semaine : le Nord au tour du Pont de Montvert et de Saint Privat de Vallongue,  et le Sud au tour de Barre des Cévennes et Sainte Croix Vallée française. Celapermet à une des 2 éducatrices spécialisées de l'association ainsi qu'à l'interne d'aller à la rencontre d'une population isolée et éloignée des structures médicales et sociales

L’équipe accueille, au bord d’un camion équipé tous les habitants qui le désirent. Elle propose : 

  • un accueil inconditionnel : écoute, information, orientation médicale et sociale
  • un accompagnement pour faciliter l’accès aux droits et services : domiciliation, logement, emploi, mobilité, nourriture, santé, etc.
  • des conseils médicaux en prévention.

Les personnes accueillies peuvent partager un moment chaleureux, prendre un café ou un thé, accéder à internet, téléphoner etc. 

"Nous rencontrons beaucoup d'hommes en habitat alternatif. Plus ou moins par choix, ils sont hébergés chez des tiers, logés de façon sommaire en caravane ou dans des maisons vétustes. Les problèmes de chauffage, d'isolation sont souvent évoqués",précise Gaelle Goglins, éducatrice spécialisée.

Pour ce qui est des soins, le manque de mobilité et de moyens financiers font que les consultations chez un généraliste sont rares ; en général, elles ont lieu une fois par an et cas exceptionnel, une fois tous les 15 ans !"poursuit Thibaud de la Fournière, interne à l'hôpital de Montpellier.

Lorsque les personnes ne peuvent se déplacer, "Avicenne"se rend à leur domicile et modifie quelque peu son circuit. Mais dans l'ensemble, les communes participantes incitent leurs habitants à se rendre aux permanences et communiquent l'information à leurs administrés. "Pour le moment, nous avons rencontré une quinzaine de personnes. Il nous faut du temps pour pérenniser notre action, "l'aller vers" ne doit pas être intrusif et notre démarche ne doit pas être synonyme d'ingérence", ajoute Thibaud.

Premiers secours, santé mentale, maladies chroniques, planification familiale, dépistage, vieilllissement... Des ateliers collectifs sont également organisés dans les communes participant à l'initiative "Avicenne". Pour mettre en place une telle initiative, plusieurs partenaires associatifs et publics (Etat, région, département...) ont été associés à la démarche.

Toutes les semaines 10 communes de 30 à 500 habitants sont visitées par le fourgon et son équipe. Les habitants de petits villages ruraux reculés bénéficient ainsi d'une double consultation gratuite : un entretien social dans le fourgon et une consultation médicale dans un local prété par la Mairie.

3 ans avant de lancer cette opération en territoire rural, l'association "Quoi de neuf"a mis en place des ateliers liés à la santé : "les jeudis du bien-être"qui sensibilisent notamment les habitants à la santé par les plantes. Une action concentrée jusqu'à présent dans les Cévennes et qui, grâce au fourgon, s'étend peu à peu au territoire des Causses.

 

Contact association Quoi de 9 au 04 66 45 17 17. Courriel : quoi.de.9@wanadoo.fr.

 

Contexte local :

Zone de moyenne montagne, très enclavée, aux routes difficiles et sans transport en commun. La densité de population est très faible. Les gens vivent dans des hameaux isolés. Les personnes âgées sont nombreuses. Elles ont très peu de ressources mais préfèrent rester chez elles. Les jeunes sont présents mais accéder à un emploi est difficile, surtout pour les jeunes femmes. Elles se «débrouillent», comme l’ensemble de la population des vallées cévenoles. 

En 2017, 50 personnes ont été rencontrées. Leurs principales difficultés sont de mobilité et économiques. Le premier atelier collectif a réuni 95 participants et 25 partenaires. 

La majorité des gens ont entre 25 et 44 ans. Les plus de 65 ans ne représentent que 9 %. 11% des retraités sont venus consulter. 

C’est un service tout à fait récent. Il faudra voir si les retraités s’habituent et donc viennent plus nombreux. Le paysan cévenol est très méfiant. Il faut lui laisser le temps de s’habituer. 

 

Article rédigé en mixant les informations recueillies et rédigées par Kristina Wagner de Or Gris et le l’article de la Fondation l’abbé Pierre, avec le lien ci-dessous

https://www.fondation-abbe-pierre.fr/nos-actions/conseiller-et-accompagner/en-lozere-des-permanences-sociales-et-de-sante-itinerantes?fbclid=IwAR35ZjmukNx053nhKuDJ_JQ6wGfiskcOUtf1CsH7SeTxs-vNUt4HfxW0xTU

En Lozère, des permanences sociales et de santé itinérantes

En savoir plus sur Quoi de 9 ?

Association loi 1901,créée en 1992 pour répondre à une demande de logements pour les stagiaires du CFI qui venaient de toute la France et ne trouvaient pas à se loger. Les propriétaires locaux n’ayant pas confiance en ces jeunes, une structure était nécessaire afin que ce soit elle qui loue les logements et touche les allocations logement pour payer les bailleurs. Depuis, le champ d’action s’est élargi.

Objet actuel de l’association : offrir un lieu, une animation et un suivi éducatif aux jeunes et aux adultes en difficulté d’insertion; se porter caution sur des projets individuels et professionnels.

Quoi de 9 est une Association humanitaire, d'entraide et sociale.

Depuis le début l’association a cherché des terrains afin de faire participer les stagiaires à des travaux de jardinage ce qui leur assurait une partie de leur alimentation et les distrayait de leurs études au CFPPA. (Lutte contre l’illettrisme). Objectif : Offrir un lieu et un accompagnement social aux jeunes et aux personnes en difficultés, en mettant du sens et du lien dans leur vie, en garantissant le respect de leurs idées.

Au programme :

- démarche d'insertion et des moments partagés afin de faire perdurer le lien social,

- accueil de jour, un local d'extrême urgence et la mise à disposition d'un « parc de matériel » : voitures, remorques, vélos, et équipement de jardinage,

- animations autour du jardin et du compost peuvent être proposées,

- temps d'échanges, de rencontres et de discussions entre jardiniers.

Depuis 2010, Quoi de 9 a mis en place des actions sur 

“le bien se nourrir”.

Opération “fruits perdus” 

L’opération “fruits perdus” a permis de transformer les pommes glanées, en jus et compotes, et le projet de transformation en soupe des courges récoltées au jardin. Ces deux actions sont menées en partenariat avec la crèche des Castors juniors et avec l’appui de l’atelier agroalimentaire du CFPPA.

L’objectif est de proposer des produits de qualité à moindre coût et de voir le résultat gratifiant d’un travail fait ensemble. Témoignage d’un des participants : "L’intérêt, c’est de rendre service et de voir l’aboutissement d’un projet, de A à Z. Cela permet aussi de créer des liens avec des gens qu’on n’aurait pas forcément rencontrés et avec lesquels on échange quelques mots dans la rue."

La participation aux différents ateliers est gratuite et ouverte à tous, l’idée étant de créer du lien et de la mixité. Ces actions sont rendues possibles grâce au soutien financier de l’Agence régionale de santé (ARS), du Fonds de développement de la vie associative et de la Fédération de gym volontaire.

Opération «du jardin à l’assiette» 

Pour rompre la solitude et l’isolement, surmonter les problèmes liés au manque de confiance en soi, le projet s’est développé autour de 2 axes : le jardin et l’alimentation

Le Conseil départemental de la Lozère présente le jardin rural. « Un are de vivres » accueille 29 parcelles de 50 m2 au bord du Tarnon.

Avec l’aide du Conseil départemental de la Lozère, l’association Quoi de 9 développe des activités qui permettent de mettre les personnes en lien les unes avec les autres, de s’épanouir et de transmettre les savoir-faire. Le public accueilli à Quoi de 9 vient de plusieurs horizons géographiques et/ou sociaux.

L’objectif de ce projet : Favoriser la mixité sociale ; Compléter et diversifier l’offre alimentaire aux plus démunis ; Accompagner et informer sur les questions alimentaires et de santé

La demande de subvention « Du jardin à l’assiette », déposée auprès du service insertion du Conseil départemental a donc été validée en 2011 avec un financement de 16 000€ pour 16 mois. Plusieurs structures locales sont impliquées dans ce projet : Atelier agroalimentaire de Florac, CFPPA, Codes 48 et Centre Médico-Social du Conseil départemental

  • une 1ère rencontre de l’ensemble des jardiniers et de leurs familles autour d’un repas au jardin,
  • une «pizza-partie» avec les enfants du foyer rural un mercredi du mois de juin,
  • des repas partagés,
  • 2 dates de transformation à l’atelier agro-alimentaire (compotes et jus)…
  • des temps de jardinage plusieurs fois par semaine..

Action «Un are de vivres»:

pour favoriser la mixité sociale et diversifier l’offre alimentaire des plus démunis.

Les jardiniers sont adhérents de l’association et s’acquittent d’une participation de 25 euros pour cultiver leur parcelle.

Une très faible proportion de jardiniers fréquente les autres « services » de l’association Quoi de 9 : accueil de jour, local d’extrême urgence, parc de logements… Ainsi, la majorité d’entre eux n’est en lien avec l’association que par le biais du jardin. Le jardinage est une activité transversale qui permet à chacun de s’exprimer, de mettre en œuvre son savoir-faire sans stigmatisation sociale.

Pour répondre à ses engagements vis-à-vis du Conseil départemental qui finance cette action, Quoi de 9 laisse 7 parcelles à la disposition des bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active. Les réunions avec l’équipe des jardiniers ont donc permis de les impliquer dans ce projet et de prendre des décisions pour aller dans le sens du bon fonctionnement et de l’intérêt collectif.

Dans son action quotidienne, Quoi de 9 s’assure à apporter soutien et accompagnement aux plus démunis, mais aussi à proposer des temps d’échange et de rencontre à l’ensemble des jardiniers, sans distinction, pour accentuer et faire perdurer le lien social.

Une parcelle dite « collective » est gérée par le groupe. Elle permet notamment à des personnes de passage au Local d’Extrême Urgence de s’impliquer ponctuellement. Les légumes récoltés sur cette parcelle servent aux repas partagés, d’autres sont distribués à la structure ou à l’accueil de jour.

L’épisode cévenol de novembre 2011 a détruit le jardin et cet événement a été positivé par le groupe. A plusieurs reprises, les jardiniers se sont mobilisés pour nettoyer le terrain après la décrue.

La charte du jardin a également été remaniée à cette occasion. Ainsi, pour des raisons d’esthétisme et d’ouverture physique des espaces, les parcelles individuelles ne sont plus entourées de barrières.

Moments partagés

Jus de fruits

Au printemps 2011, le groupe de jardiniers avait notamment proposé de pouvoir utiliser l’atelier agroalimentaire pour transformer certains produits du jardin. Grâce au financement du Conseil départemental, l’association a pu mettre en place une action dans ce sens. Ainsi, par voie de presse, elle a pu collecter 500 kg de fruits (pommes, poires et coings), lesquels ont été transformés en 244 litres de jus. Cette action a mobilisé 8 personnes (dont 3 bénéficiaires du RSA) durant 4 mois pour les tâches allant de la cueillette des fruits à l’étiquetage des bouteilles.

La transformation des fruits a eu lieu à l’atelier agroalimentaire de Florac. La responsable de l’atelier a alors dispensé aux participants les informations relatives à l’hygiène et aux conditions sanitaires de transformation. 50 bouteilles ont été offertes aux Restos du cœur, d’autres aux donateurs de fruits en guise de remerciements et les usagers de « Quoi de 9 » ont pu acheter jusqu’à 15 bouteilles par personnes à prix coutant soit 1,27 euro le litre. Cette action a été très gratifiante pour les participants. Elle a permis de transformer des fruits qui auraient été perdus, elle donne le sentiment d’avoir accompli une activité valorisante à travers la réalisation d’un produit d’un coût plutôt élevé sur le marché et elle a également mobilisé des personnes d’origines diverses sur un projet commun.

Repas partagés: 

Ces temps de repas partagés ponctuent l’année avec une certaine régularité. Ils permettent de poursuivre plusieurs objectifs :

• Regrouper des personnes seules et créer du lien

• Partager un « vrai » repas

• Concevoir des menus à partir des récoltes du jardin

• Laisser un usager prendre les commandes de la cuisine et se valoriser

• Permettre à chacun de participer à son niveau à la réalisation du repas

• Respecter les règles d’hygiène minimum

En fonction des lieux et des moments, les repas peuvent regrouper des personnes du jardin, du local d’extrême urgence ou encore de l’accueil, ensemble ou séparément et aussi des membres de l’équipe de « Quoi de 9 ».

Afin d'encourager ce genre d'initiative, les personnes pouvant mettre des terrains cultivables à disposition peuvent se faire connaître auprès du service insertion du Conseil départemental insertion@cg48.fr

Voir Couleurs Lozère magazine : "Des jardins partagés pour rompre l'isolement"(428ko)

Activités partagées avec d’autres associations: 

Dans le cadre du programme “alimentation et activité sportive”, l’association Quoi de 9 a récemment mis en place des séances de gymnastique à destination de ses bénéficiaires. Animés par Véronique Papin, de la Fédération de gym volontaire, les cours se déroulent le mardi, de 15 h 30 à 16 h 30, au foyer rural et sont ouverts à tous ceux qui n’ont pas accès aux activités ludiques et sportives en club.

Mis en œuvre pour retrouver l’estime de soi et sortir des problématiques sociales quotidiennes, ces cours ont timidement commencé avant de connaître un vrai succès avec cinq à huit personnes présentes selon les séances. Bien qu’il ne soit pas toujours facile de faire le pas, les participants sont là et trouvent un intérêt certain à ces animations qui poussent au développement individuel autant que collectif. 

À partir de la fin janvier, ce sont des cours de danse africaine qui seront proposés le vendredi, de 14 h à 16 h, à la Genette verte, éventuellement en alternance avec du viet vo dao, pour autant que des financements soient trouvés. Ces deux animations seront proposées par des salariés de Quoi de 9, Sophie, pour la danse africaine et Philippe, pour l’art martial vietnamien.

Contact association Quoi de 9au 04 66 45 17 17. Courriel : quoi.de.9@wanadoo.fr.Correspondante Midi Libre:06 89 70 36 15

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